Introduction

[…] Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine ;
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une trem­blante hor­reur fait héris­ser ma peau. […]

Joa­chim du Bellay

Le soleil com­mence à se cou­cher, et avec la nuit, le brouillard se lève sur le pai­sible vil­lage de Mez­za­luna…
À l’orée du bois qui le borde, le jeune Ofa­niel, adossé au tronc d’un chêne, attend patiem­ment. Rendez-vous secret d’amoureux, peut-être ?
Il réajuste le col de son man­teau  alors que sa res­pi­ra­tion se perd dans la fraî­cheur de la nuit.
Un silence pesant règne autour de lui ; aucun souffle de vent à tra­vers les branches des arbres, même les feuilles se contentent de tom­ber dans un mur­mure à peine audible.
Une sil­houette approche dou­ce­ment du jeune homme.
Et puis, tout à coup… un gro­gne­ment rauque, un cri per­çant, et de nou­veau… ce lourd silence, comme si rien ne s’était passé. Seule trace de ce qui vient de se pro­duire : le par­fum âcre et enivrant du sang fraî­che­ment versé d’un jeune innocent.

C’est le début des nuits d’insomnie à Mez­za­luna ; des loups-garous ont fait leur appa­ri­tion, et ils n’ont qu’un seul objec­tif : dévo­rer tous les villageois.

Loups ! Aigui­sez vos crocs !
Vil­la­geois ! Armez arba­lètes et fusils !

Et que la traque commence !